
Il y a des jours où mon cerveau court plus vite que mes mains. Les idées affluent, les intrigues s’enchaînent, les personnages prennent vie les uns après les autres. Et puis, il y a mon corps. Plus lent, plus fatigué, plus capricieux. Il me rappelle ses limites, m’oblige à ralentir quand mon esprit, lui, voudrait écrire sans s’arrêter.
Ce décalage entre énergie mentale débordante et fatigue physique omniprésente, je le connais bien. C’est l’un des défis les plus subtils — et les plus constants — de mon quotidien d’autrice. Pourtant, j’ai appris à en faire une force, à trouver un rythme qui respecte mes besoins tout en nourrissant ma créativité.
Accepter la réalité de ses limites
Pendant longtemps, j’ai vécu ce contraste comme une frustration. Je voulais faire plus, plus vite, plus fort. Je voulais que mon corps suive le rythme effréné de mon cerveau. Et chaque fois qu’il ne le faisait pas, j’avais l’impression d’échouer.
J’ai fini par comprendre que l’acceptation n’était pas une capitulation. Accepter, c’est reconnaître que ces limites font partie de moi, qu’elles ne me définissent pas, mais qu’elles existent. C’est choisir de les écouter plutôt que de les combattre.
Ce changement de regard a tout transformé. J’ai cessé de mesurer ma valeur à la quantité de pages écrites. J’ai appris à célébrer la régularité plutôt que la performance. Et surtout, j’ai compris que ralentir n’empêchait pas d’avancer.
Transformer l’effervescence mentale en moteur durable
Quand le cerveau fourmille d’idées, il est tentant de vouloir tout faire immédiatement. Mais vouloir tout faire, c’est souvent ne rien finir. Aujourd’hui, j’ai appris à canaliser mon énergie mentale au lieu de la laisser m’épuiser.
Voici les stratégies qui m’aident au quotidien :
- ✍️ Externaliser mes idées : plutôt que d’essayer de tout garder en tête, je les note aussitôt. Cela libère de l’espace mental et m’évite de me disperser.
- 🪶 Planifier par “capsules créatives” : j’écris dans des créneaux courts mais intenses, adaptés à mon niveau d’énergie. Mieux vaut 45 minutes concentrées que 4 heures épuisantes.
- 📚 Alterner écriture et repos : je considère les temps de pause comme une partie intégrante du processus créatif, pas comme une perte de temps.
Ces ajustements ont changé ma relation à l’écriture. Je ne lutte plus contre mon énergie : je la guide.
Écouter son corps comme un allié
Le corps n’est pas un frein à la créativité : il en est le socle. En apprendre les signaux, respecter ses cycles, adapter son rythme, c’est aussi prendre soin de son art.
Il y a des jours où mon énergie physique est basse : j’en profite pour relire, structurer, faire de la recherche. Il y en a d’autres où je me sens plus en forme : j’avance alors sur les passages les plus intenses de mes manuscrits.
Cette flexibilité m’a appris une chose essentielle : la créativité n’est pas linéaire. Elle fluctue, elle s’adapte, elle respire. Et ce mouvement est naturel.
Créer un équilibre sur mesure
Écrire dans ces conditions, ce n’est pas suivre les conseils standardisés sur la productivité. C’est inventer ses propres règles. C’est construire un rythme sur mesure, au croisement de ce que mon esprit désire et de ce que mon corps permet.
Je n’avance peut-être pas aussi vite que je le voudrais, mais j’avance de façon durable. Je n’écris pas tous les jours des dizaines de pages, mais celles que j’écris sont justes, sincères et vivantes.
Aujourd’hui, je vois ce contraste entre énergie mentale et fatigue physique non plus comme une contrainte, mais comme une richesse. Il m’a appris la patience, l’écoute et l’adaptation. Et c’est précisément dans cet espace-là que mes histoires trouvent leur souffle.
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