
Comment est né Quand les citrouilles s’embrasent ? Pour raconter l’histoire de ce roman, il faut d’abord que je vous parle de ma façon d’écrire.
Écrire au rythme des saisons
J’aime écrire en fonction des saisons.
Quoi de mieux que d’être déjà plongée dans le bon mois, dans la bonne lumière et dans la bonne ambiance pour ressentir pleinement ce que je veux transmettre ? Chez moi, les cinq sens occupent une place importante dans l’écriture. J’aime que l’on retrouve dans mes romans les couleurs, les odeurs, les bruits, les textures, les changements de lumière… Tous ces petits détails qui permettent de ne plus seulement lire une histoire, mais d’avoir l’impression d’y être.
C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’aime autant les small towns. Je ne les considère jamais comme un simple décor. Je les traite comme des personnages à part entière.
Dans Quand les citrouilles s’embrasent, Fontebrumes devait avoir sa propre identité : son rythme, ses habitants, ses habitudes, ses paysages et, bien sûr, cette atmosphère automnale qui accompagne toute l’histoire.
D’un téléfilm de Noël à une romance automnale
L’idée du roman m’est venue en pensant… aux films de Noël. Vous connaissez le scénario : une héroïne quitte la grande ville pour revenir dans le village de son enfance et, évidemment, elle y retrouve son premier amour. Un classique. Mais plutôt que Noël, j’avais envie d’automne.
J’avais donc mon point de départ : une femme revient dans son village et retrouve celui qu’elle a aimé autrefois. Il ne restait plus qu’à construire tout ce qui allait autour.
Donner vie à Fontebrumes
Dans une romance de Noël, il y a presque toujours quelque chose à préparer : les décorations, le réveillon, le marché de Noël, une fête locale… C’est ce qui rassemble les personnages et les oblige à se croiser, à travailler ensemble, à partager du temps.
Cependant, dans une romance automnale, qu’est-ce qu’on prépare ? Je voulais trouver un événement capable de jouer ce même rôle et, surtout, de donner encore davantage de vie à Fontebrumes. L’équinoxe m’a semblé particulièrement propice. J’ai alors imaginé une fête locale construite autour d’une légende : la Fête des Brumes
À partir de là, j’avais tout ce qu’il me fallait pour réunir mes personnages. Préparer une fête demande du temps, de l’organisation et l’implication des habitants. Lauren ne pouvait plus simplement revenir à Fontebrumes et rester spectatrice de ce qui s’y passait : elle allait devoir retrouver une place au milieu des autres, participer à la vie du village et, forcément, croiser Noam.
Puisque l’histoire se déroule en automne, les courges se sont imposées assez naturellement. Elles sont devenues bien plus qu’un élément de décor et m’ont demandé une véritable phase de recherches. J’ai (re)découvert différentes variétés, leurs formes, leurs couleurs, leurs particularités. J’ai vérifié les périodes de récolte, ce qui pouvait encore se trouver dans les champs à ce moment-là et la cohérence entre le calendrier agricole et celui de mon histoire.
C’est une partie de l’écriture que l’on ne voit pas forcément une fois le roman terminé, mais qui est essentielle pour moi. Même lorsqu’un village est fictif et qu’une fête sort entièrement de mon imagination, tout ce qui l’entoure doit rester crédible.
Petit à petit, Fontebrumes a donc eu ses paysages, ses habitants, ses familles, ses cultures, ses traditions et même sa propre légende. Il ne me restait plus qu’à y faire revenir Lauren.
Pourquoi revenir après toutes ces années ?
Même si j’écris des romances, il y a toujours dans mes histoires un sujet de fond qui dépasse la relation amoureuse. Je devais donc comprendre Lauren. Pourquoi avait-elle quitté Fontebrumes ? Pourquoi était-elle restée loin de son village pendant toutes ces années ? Qu’est-ce qui pouvait être suffisamment fort pour la pousser à revenir ? Et surtout : qu’est-ce qui pourrait, cette fois, lui donner envie d’y rester ?
Une fois ces réponses trouvées, je tenais une première partie de mon histoire, mais il me restait encore à construire celui qui allait se trouver face à elle.
Noam. Son premier amour
Pourquoi ne l’avait-il pas empêchée de partir ? Que s’était-il réellement passé entre eux ? Comment faire pour que, après toutes ces années, leurs sentiments soient encore crédibles ? Quelle vie avait-il construite pendant l’absence de Lauren ?
Puis, je me suis ajouté une difficulté supplémentaire : Noam est marié.
Je ne voulais pourtant pas écrire une histoire dans laquelle mon héroïne débarque pour briser un mariage. Alors, Lauren va-t-elle le faire ?
Je vous laisse évidemment découvrir la réponse dans le roman.
Deux histoires qui se répondent
Compte tenu de l’âge de Lauren et Noam, il me semblait également naturel qu’ils aient déjà vécu, construit des choses, fondé une famille. Les enfants sont donc entrés dans l’histoire, je devrais dire, des adolescents.
Je ne voulais pas qu’ils soient uniquement « les enfants de ». Je leur ai construit leur propre arc narratif, qui vient faire écho à celui de Lauren et Noam, mais dans un autre espace-temps, avec d’autres enjeux et une autre manière d’envisager les sentiments.
J’ai beaucoup aimé travailler ce parallèle, tout en veillant à garder leur histoire en arrière-plan afin que Lauren et Noam restent au cœur du roman.
Puis les familles sont arrivées. Les personnages secondaires. Les habitants de Fontebrumes. Lorsque je construis une petite ville, j’aime varier les personnalités pour lui donner de la vie. Certains personnages sont plus discrets, d’autres beaucoup moins… et quelques figures locales de Fontebrumes sont particulièrement hautes en couleur. C’est aussi grâce à eux que le village est devenu, peu à peu, exactement ce que je voulais qu’il soit : un lieu que l’on puisse imaginer continuer à vivre une fois le livre refermé.
Une histoire de deuil, de reconstruction et de seconde chance
Derrière son ambiance automnale, ses courges, son village et son histoire d’amour, Quand les citrouilles s’embrasent parle aussi de sujets plus profonds : le deuil, la résilience, et surtout la reconstruction et la seconde chance.
Comment recommencer à vivre lorsque la vie que l’on avait imaginée n’existe plus ? Comment accepter de faire confiance à nouveau ? Comment aimer lorsque l’on sait désormais tout ce que l’on peut perdre ?
Et surtout : a-t-on seulement le droit d’aimer à nouveau ?
C’est autour de ces questions que Lauren et Noam ont peu à peu pris vie.
Et c’est ainsi qu’une simple envie d’écrire ma propre version de ces histoires de retour aux sources que j’aime tant est devenue Quand les citrouilles s’embrasent, une romance automnale au cœur de Fontebrumes, entre premier amour, famille, deuil et seconde chance.



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